Menace de la vie sauvage

LES BIOÉNERGIES MENACENT LA VIE SAUVAGE

EN AUGMENTANT LA PRESSION SUR LES FORÊTS ET EN CHANGEANT L’UTILISATION DES TERRES, LES BIOÉNERGIES DETRUISENT DE PRECIEUX HABITATS POUR LA VIE SAUVAGE.

Les activités humaines menacent la biodiversité mondiale à un niveau jamais atteint auparavant, ce qui pourrait mener à la sixième extinction de masse. Le déclin actuel de la biodiversité est plus rapide qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire de l’humanité : il est aujourd’hui 10 à 100 fois plus élevé que le rythme naturel d’extinction des espèces1. Et cela continue de s’accélérer : si l’on considère le taux d’extinction depuis 1900, il est 100 à 1000 fois plus élevé !2

Plus que jamais, les espèces animales ont besoin que nous restaurions leurs habitats et que nous les protégions de l’exploitation industrielle. Le changement d’affectation des terres et le réchauffement climatique sont respectivement les première et troisième menaces majeures qui pèsent sur les milieux naturels. 1

La production de bioénergie à grande échelle accroit considérablement la demande mondiale en biomasse et en terres arables. Cela met en danger les habitats naturels comme les forêts, coupées pour leur bois, ou les prairies et zones humides, converties en terres agricoles pour la production de biocarburants (plus d’informations sur notre page consacrée à l’utilisation des terres). La recherche d’une énergie climatiquement soutenable ne doit pas se faire au prix de la biodiversité.

ETUDE DE CAS : L’AMERIQUE DU NORD 5

Dans la plaine côtière d’Amérique du Nord – un haut lieu de la biodiversité mondiale abritant des centaines d’espèces menacées, dont le loup rouge, la paruline azurée et l’ours noir de Louisiane – les forêts marécageusessont défrichées et expédiées en Europe pour être brûlées dans des centrales électriques.
Images © Rejean Bedard/Shutterstock, Ray Hennessy/Shutterstock, Brandy McKnight/Shutterstock

Dans l’Union Européenne, plus de 60% des bioénergies sont produites par la combustion de bois. Environ la moitié de ce bois est directement prélevé dans nos forêts.9 Plus d’informations sur notre page dédiée aux forêts.

La coupe à blanc des forêtsmenace les espèces locales en détruisant leurs habitats. Elle continue pourtant d’être pratiquée dans des zones protégées abritant des espèces rares ou menacées4. L’éclaircissement des forêts est aussi une pratique néfaste pour la biodiversité : 20 à 40% des espèces forestières ont besoin de bois en décomposition à certains stades de leur cycle de vie6. Le bois mort abrite de nombreuses espèces de champignons et d’insectes, comme les espèces de coléoptères saproxyliques, en voie de disparition. 7

Préserver une grande variété de plantes et d’arbres d’âges différents fournit nourriture et habitat pour de nombreux animaux6. Les monocultures d’arbres plantées en remplacement d’anciennes forêts ne permettent pas à la faune de subsister. L’exploitation d’habitats naturels pour produire de l’énergie a de graves impacts sur la biodiversité.

L’agriculture industrielle est le premier facteur d’effondrement de la biodiversité1, comme le montre le rapport de 2019 de l’IPBES – la Plateforme Intergouvernementale Scientifique et Politique sur la Biodiversité et les Services Écosystémiques.

La majeure partie des terres arables est déjà utilisée pour l’élevage ou la production agricole. Les conséquences désastreuses de l’expansion des cultures de soja et d’huile de palme sur les forêts tropicales sont connues. La fabrication de bio-carburants à partir de cultures amplifie ce phénomène car elle augmente les besoins en terres cultivables : ce sont toujours plus d’habitats naturels,forêts et zones humides, qui sont convertis en terres arables et destinées à une agriculture intensive, d’autant plus nuisible pour la biodiversité. Davantage de précisions sur la conversion des terres sont disponibles surnotre page dédiée.

POUR PROTEGER LA VIE SAUVAGE, NOUS DEVONS PRENDRE SOIN DES HABITATS NATURELS ET DIMINUER LEUR EXPLOITATION INDUSTRIELLE

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